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 estelle . si tu pouvais ne prendre que ma main, et non pas mon coeur

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MessageSujet: estelle . si tu pouvais ne prendre que ma main, et non pas mon coeur   Ven 24 Oct - 13:27

Estelle & Asclepios


Là, tout la haut. Au sommet de la tour d’astronomie, c’est là qu’Estelle lui avait donné rendez-vous. Et, avant-même d’en savoir le motif, Asclepios avait accepté. Il ne pouvait rien refuser à la belle Gryffondor, pour qui son amitié s’était petit à petit métamorphosée en un amour sincère, mais douloureux : le vert-argent connaissait parfaitement les goûts de sa belle amie, et savait donc ne pas répondre à ses attentes sur le plan amoureux. Il était trop jeune, trop immature. Il était aussi conscient qu’il ne pouvait, de son côté, par se permettre de l’aimer. Elle était une sang-mêlée, fille d’une mère décriée… pour un Gaunt, Estelle était sensé être à l’antipode de la femme désirée, voulue… Asclepios était sensé rechercher la pureté et les honneurs mais, hélas, rien ne se passait jamais comme ses parents (et lui-même) le désiraient. Le dernier Gaunt était tombé amoureux de ce qu’il aurait dû haïr, et ne s’en remettait toujours pas.

Cela était arrivé si doucement, si simplement… de longues heures à parler d’art, à se balader dans le parc de Poudlard. Le jeune sorcier ne s’était rendu compte de ses sentiments pour Estelle qu’après avoir reçu un mot en classe, entourant son nom et celui de la demoiselle d’un cœur. Il comprit que ses gestes envers elle étaient plus doux qu’avec qui que ce soit d’autre, et qu’il la regardait un peu trop, quand elle était assise à la table des Gryffondors et lui à celle des Serpentards, lors des repas et réunions dans la grande salle. Sa première réaction fut de se moquer de lui-même, puis cela devint de la colère, de la fureur quand au moment où il s’endormir, ce fut le visage d’Estelle qui lui vint en tête. Ce n’était pas qu’une simple amourette, qu’un simple caprice. C’était un brûlant désir, une passion corruptrice.

Il avait espéré que les grandes vacances d’été feraient cesser sa flamme pour Estelle, et alla même noyer ses envies dans les bras d’une autre… une moldue. Asclepios avait perdu tout son bon sens ! Ses parents l’apprirent, d’une façon inconnue (en même temps, sa mère lisait en lui comme dans un livre ouvert) et trouvèrent un moyen de le ramener dans le droit chemin : des fiançailles. Avec une sang-pur, une Travers ! Nyx Travers. Asclepios l’avait appris quelques jours auparavant – la nouvelle le rendit furibond et rapidement, il rencontra ladite Nyx pour trouver un moyen de mettre fin à leur union, que tous deux réprouvaient. Mais à présent, Asclepios se demandait s’il avait bien fait… n’aurait-il pas été plus sage d’accepter le plan de ses parents et de ceux de Nyx ? De convaincre cette dernière du bien de leurs fiançailles ? Peut-être que cela l’aurait aidé à se détacher d’Estelle. Qu’il aurait, petit à petit, noué des liens étroits, forts, avec Nyx. Elle s’était montrée si douce, si compréhensive pendant leur entrevue qu’Asclepios pouvait imaginer qu’un amour pouvait naître entre eux. Un amour plus acceptable que celui qu’il avait pour la Gryffondor.

Malgré tous ses efforts, Asclepios l’aimait encore et le fait qu’il avait accepté de la voir, en tête à tête pour qu’elle s’entraîne à lire les lignes de la main sur la sienne, en était l’affreuse preuve.

La mère du Serpentard, curieuse et effrayée de ce qu’il pouvait arriver à son fils dans sa vie, s’était déjà intéressée aux lignes de sa main, à la peau rêche et aux lignes cassées. Que de rares bonnes nouvelles en étaient sorties ! Oui, il allait avoir des enfants… mais allait souvent se blesser, faire de nombreuses dépressions… sa vie, tenue dans sa main, semblait horriblement chaotique. Quelque chose qu’Asclepios aurait aimé garder pour lui, uniquement. Pourtant, c’était avec enthousiasme que le Serpentard avait accepté la demande de la Gryffondor, heureux de pouvoir passer un moment avec elle. Puis il avait réalisé qu’elle allait pouvoir lire toutes ses faiblesses… son seul espoir était qu’elle soit nulle en lecture des lignes de la main mais cela, Asclepios en doutait. Passionnée par la divination, douce et réceptive, Estelle avait tout pour comprendre ce que lui dirait la main, mauvaise, du dernier Gaunt.

Perdu entre joie et désespoir, le vert-argent grimpait les marches de la tour d’astronomie. Il était vêtu de l’habituel uniforme des Serpentard, la robe de sorcier en moins. Asclepios avait toujours eu horreur de cette dernière, de ses larges manches qui traînent sur les tables et dans les chaudrons, de cette traîne qui s’envolait au moindre coup de vent… il préférait porter un simple gilet ou pull, qui d’ailleurs lui allaient mieux : une robe allongeait sa silhouette, déjà grande et fine… facile de le comparer à une brindille, dans ces conditions. Oui, mieux valait un gilet. Cela mettait l’accent sur le carré de ses épaules et laissait voir à quel point ses jambes étaient longues, sveltes… c’était à en donner le vertige. Voilà au moins une chose qu’Asclepios aimait chez lui, alors autant le montrer. Surtout si cela pouvait l’aider à conquérir le cœur d’Estelle… oh. Non, non ! Il ne devait pas penser ainsi. A présent, il était fiancé à Nyx… oui, mais pour combien de temps ? Si le plan de la Serpentarde aboutissait, de nouveau plus rien ne l’éloignerait de la Gryffondor. Plus rien, en effet : sa simple volonté ne suffisait pas. Face au regard, magnifique, d’Estelle, tout son courage s’effaçait… il voulait juste la voir, l’écouter. La sentir, l’embrasser… son cœur, fragile, fit un bond.

Et c’est à ce moment, qu’enfin au sommet de la tour, il vit cette silhouette féminine, qui l’attendait. Délicate, élégante. Pour ne pas laisser voir les sentiments qu’il lui portait, au travers de son regard rendu taciturne par ses ardeurs retenues, Asclepios lui lança un mauvais mot pour lui signaler son entrée : « Eh l’impure ! » Incorrect et mesquin… comme s’il n’avait que faire de ce que pouvait éprouver Estelle, à se faire ainsi insulter. L’héritier Gaunt connaissait très bien le désir de redevenir sorciers de sang-purs des Rosenberg, et la sang-or n’ignorait certainement pas à quel point la pureté du sang comptait pour les Gaunt. Et, comme si de rien n’était, quoique la moue sévère, Asclepios se dirigea vers Stella. Mais il ne tint pas bien longtemps, avant de lui adresser un sourire rayonnant. Heureusement, il se retint de s’excuser pour son mot vilain. Impure… elle était impure. Pourquoi la désirer !

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MessageSujet: Re: estelle . si tu pouvais ne prendre que ma main, et non pas mon coeur   Dim 26 Oct - 22:37

I want you to know how safe is a language unlearned and I am second generation lost. I want you know that I will remember  the colour of your eyes
and always forget the definition of romance.
Elle avait toujours aimé soutirer des faveurs là où elle le pouvait. L'une des plus belles, à ses yeux, était de pouvoir pénétrer dans la tour d'astronomie, si facilement interdite d'accès en temps normal, grâce à la permission du professeur en charge. Fidèle élève et bonnes notes dans ce cours qui la fascinait tant lui avait rapporté un privilège secret qu'elle utilisait avec la plus grande précaution, faute de voir ce dernier disparaître. Elle ne ferait pas exprès d'abîmer l'un des rares présents qu'elle appréciait réellement. Sauf, peut-être, en de rares occasions. Enfin, qu'elle s'excusait elle-même, elle faisait simplement profiter la tranquillité des lieux aux plus méritants, mais le fait est que lorsqu'elle avait demandé à Asclepios de la rejoindre au sommet de la tour, elle n'avait jamais avisé le professeur qu'elle ne serait pas seule lors de sa petit visite habituelle. Tant pis, ce que nous ne savons pas ne peut pas nous faire de mal. Voilà une merveilleuse justification. Et puis, entre ses compagnons, Gaunt ne serait pas le plus dérangeant dans son esprit, au contraire. Elle avait toujours apprécié son calme, son contrôle qu'il s'efforce à avoir malgré tout, chose qui a toujours cruellement manqué à ce cher Hannibal à ses yeux et qui le rapprochait encore plus de la bête sauvage. Gaunt avait de la retenue, Gaunt avait un esprit vif, géant érudit aux mots mâchés. Il s'était différencié des autres, si facilement identifiable dans la foule aux yeux de la jeune femme. L'intrigue l'avait attiré et derrière ses airs de paysan, ses semblants de vétérinaire avec sa petite compagnie d'animaux à lui tout seul, elle avait été agréablement surprise. Passer du temps avec lui était agréable, reposant, loin des roucoulements habituels des autres garçons de son âge, alors qu'il était même plus jeune qu'elle. Tout au départ lui avait indiqué qu'elle ferait mieux de tout simplement passer son chemin, mais elle était heureuse de ne pas l'avoir fait.

Et là, bien installée au haut de sa tour telle une vraie damoiselle, elle attendait son chevalier servant. Celui qui n'avait aucunement hésité avant de se prêter à son jeu, soit d'étudier les lignes de sa main. Oh, elle avait bien l'habitude de le demander à Demi, fidèle comparse, mais elle la connaissait tellement, jusqu'au bout de ses jolis ongles qu'elle n'arrivait plus à savoir si elle découvrait ses informations par elle-même ou si c'était les nombreuses années passées ensemble qui lui montrait une voie déjà explorée. Et puis, elle n'avait pas manqué de noter à quel point la patience de la rousse s'étirait atrocement rien que pour son bon plaisir. Et bien que le don d'Hannibal en ferait un compagnon de choix pour ce genre d’exercice à l'occulte, elle ne se sentait toujours pas à l'aise de l'obliger de cette façon, gardant cette relation dans la stricte admiration pour son don qui se démontrait bien douloureux parfois. Asclepios était définitivement son meilleur choix, sans parler qu'elle avait cette envie, tout au fond de son estomac, de passer du temps avec lui ainsi, de varier leur temps passé ensemble. Plaisir qu'elle associait généralement seulement avec Déméter et quelques personnes spéciales. Elle s'était donc installée tranquillement, arrivant à la tour plusieurs minutes avant l'heure de leur rencontre prévue. Grimoires en tout genre étaient maintenant ouverts prêt d'une table, les pages jaunes et fragiles à force d'avoir été utilisées. Elle en avait feuilleté quelques uns, s'était questionné si elle en profiterait pour essayer d'autres moyens de voyance, pour finalement gribouiller esquisses en tout genre sur un bout de parchemin soutiré, comme à son habitude. Elle en était à essayer de s'imaginer les mains du jeune homme, fusain dessinant courbes et carrures d'un trait léger alors que de son autre main, elle se grattouilla un instant la joue. Si concentrée, plongée dans sa propre représentation des mains grandes et larges, trop pour un simple jeune homme ayant vécu seulement dix-sept années, elle ne le remarqua pas du tout se faufiler en haut de la tour, si bien que sa voix rauque et puissante la fit sursauter « Eh l’impure ! » Sa main, dans son soubresaut, traça un trait fort et oblique, brouillant son esquisse alors qu'e son ongle, s'attaquant à sa chaire chatouillée, y alla plus franchement, marquant d'un rouge pâle son passage alors qu'elle redressait la tête en direction d'Asclepios.

Ses mots, qui plus est, avaient eu l'impacte désiré chez la jeune femme, qui se renfrogna instinctivement, l'observant d'un regard tranquille et franc. Sa mère ne supporterait jamais qu'on lui parle ainsi, tels étaient les mots traversant alors son esprit, mais elle n'était pas comme elle. Elle jouait avec le sang comme on jouait un rôle, portant celui qui se montrait favorable selon la situation. Ce n'est que lorsqu'il lui offra un sourire par contre, qu'elle se permit de sortir de sa coquille, prise au dépourvue. « Gaunt » qu'elle rétorqua sans cérémonie, plongeant ses yeux dans les siens avant d'esquisser à son tour un sourire, bref, puis plus franc alors qu'elle quitta sa chaise pour s'approcher. Il était si grand, voilà ce qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à chaque fois qu'elle se retrouvait à ses côtés. Plus grand que certains hommes, qui étaient pourtant beaucoup plus vieux. Elle se sentait si facilement minuscule, un atout qu'elle appréciait alors que sa main, longue et svelte se tendait vers la sienne, attrapant ses doigts pour l'attirer en direction de ses bouquins. « Viens » qu'elle l'encourage sagement, lui indiquant la place à prendre pour ensuite retourner à la sienne. « J'ai déjà tout installé, on peut commencer si tu es prêt. » Oui, elle était excitée à l'idée de parcourir les lignes ornant sa main, bien à l'abrit sous sa bienséance naturelle. Pourtant, celle-ci lui échappe, un manque de retenu qu'elle se pardonne facilement en sa présence, alors qu'elle n'hésite pas à attraper sa main à nouveau, impatiente de la découvrir sans gêne. Ses doigts courrent déjà sur sa paume rude, bien masculine, ainsi que le long de ses doigts carrés  « Comment vas-tu ? » qu'elle lui demande alors, relevant les yeux sur les siens, désireuse de prendre de ses nouvelles et ainsi savoir si leur petite séance était appropriée.
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MessageSujet: Re: estelle . si tu pouvais ne prendre que ma main, et non pas mon coeur   Lun 27 Oct - 12:59

Estelle & Asclepios


Elle ne lui renvoya pas d’insulte. A moins que son nom de famille en soit une… Gaunt. Un nom, mais aussi un mot, voulant dire émacié, décharné. Qu’est-ce que cela lui allait bien ! Avec ses hanches étroites et son corps sans graisse, on pouvait deviner chacun de ses muscles, mais aussi chacun de ses os. Même, on pouvait sentir la pointe de son cœur juste sous son sternum, en enfonçant légèrement ses doigts dans son diaphragme… ses organes vitaux étaient à peine protégés par sa chair égrotante. Il n’avait pas l’air bien solide, tel un vieil épouvantail fait de fétus de paille. Une impression renforcée par son état de santé que tous savaient être difficile. Mais, on oubliait trop souvent qu’Asclepios venait d’une famille de cultivateurs, aux méthodes traditionnelles. Il avait passé des étés entiers à défricher des champs, bêcher des sols et porter des sacs faisant plus de la moitié de son poids. Régulièrement, le jeune sorcier devait rappeler, par un bon back-fist ou un rapide overhand, qu’il n’était pas aussi fragile que certains le pensaient – même sans sa baguette. Il avait tout ce qu’il fallait pour se défendre ; et protéger. Protéger Estelle, et le sourire qu’elle venait de lui adresser. Oh, si charmante ! Le serpent qu’il était n’avait qu’une envie : se transformer en dragon, enlever la belle et la garder, dans sa grotte pleine de trésors.

La Serdaigle s’était approchée de lui, le visage serein. Elle semblait ne pas lui en vouloir pour l’approche brutale qu’il avait eue… Asclepios s’en sentit soulagé et pinça ses lèvres, forçant son sourire à s’effacer. Cet air niais, il devait s’en débarrasser ! Certainement qu’Estelle le connaissait bien à présent, et savait que ses mots envers elle, aussi brûlants pouvaient-ils être, étaient bien souvent plus des piques espiègles que de véritables injures. Le dernier Gaunt s’imaginait mal pouvoir se mettre en colère contre la Serdaigle, si amène. Et puis, il avait peur que, en la froissant un peu trop, elle ne se décide à lui dire tout ce qu’elle pensait de lui. Des choses qu’Asclepios imaginait blessantes, dures à entendre. Un peu trop pour lui, qui portait la demoiselle si haut en son cœur. Ce serait le pousser au suicide.

Il ne put que la suivre, quand elle l’invita, d’un mot et d’un toucher. Pour faire perdurer ce dernier, le Serpentard n’avait pas d’autre choix que de se laisser diriger par la Serdaigle. Asclepios ne put s’empêcher de refermer ses doigts autour de ceux d’Estelle, faisant disparaître ses toutes petites phalanges entre les siennes, immenses. Une peau tiède, un peu sèche. Une chair tendre, des doigts tout en longueur et des ongles sans aspérités. Un poignet délié, un bras fin… une épaule à moitié cachée par une chevelure ondulante, aux reflets de bronze. Ce corps, Asclepios en connaissait toutes ses formes. Le reste, son imagination le comblait, sans trop de difficultés. Sous une douche, dans un lit… sylphe gracile, fragile, dont il imaginait les cris et gémissements. Mais le moment de séparer leurs mains vint, et le dernier Gaunt se fit violence pour ne pas attarder sa paume contre celle de la jeune femme. Puis il alla rejoindre le siège qu’elle lui indiquait, en profitant pour jeter un regard autour de lui.

Ils étaient seuls… Le Serpentard s’était attendu à que d’autres élèves soient là, à travailler leurs cours d’Astronomie. C’était rare, qu’ils se retrouvent juste à deux… la plupart du temps, Estelle et Asclepios se croisaient à la bibliothèque, endroit fort fréquenté. Ou, alors, la Serdaigle était au bras d’Hannibal ou de Déméter. Des deux, parfois. Les trois, bien que de maisons différentes, étaient soudés comme des jumeaux siamois. Un lien qu’ils avaient commencé à tisser très jeunes et que parfois, le dernier Gaunt jalousait. Surtout quand Hannibal se permettait de poser sa tête sur l’épaule d’Estelle, alors que lui n’osait jamais ce genre de gestes intimes. Cette peur d’être rejeté, mais aussi cette peur de se laisser trop aller. Il ne devait pas s’attacher à la ravissante Serdaigle, il ne devait pas chercher ses regards, ses sourires, ses contacts ! Mais… là. Que faisait-il ? Ne se réjouissait-il pas que de la laisser saisir sa main ? Qu’il était difficile de concilier le devoir, et le désir.

Une fois qu’il fut assis, elle lui demanda s’il était prêt. Nonchalamment, cachant sa hâte, Asclepios répondit par un simple « yeh » et laissa Estelle se saisir de sa large patte. En l’ouvrant, il dévoila une main déformée par la maladie et blessée par une rude vie. Son pouce, déplié, était d’une longueur inattendue et des cals durcissaient la base de chacun de ses doigts. Il n’y avait pas que la grandeur de sa main qui était effrayante… son état était à plaindre. Estelle avait-elle bien choisi sur qui s’entraîner ? Qui plus est, les lignes de sa main étaient certes bien dessinées, mais complexes : rien ne semblait aller comme il le fallait, sans compter que quelques cicatrices empêchaient une lecture fluide de tous ces traits. Il avait d’ailleurs, juste sous son pouce, la marque récente des crocs de son python, Cebalrai.

Tout cela ne sembla pas décontenancer Estelle, qui certes fit tomber sa main, mais uniquement par maladresse. Elle la reprit aussitôt et balada ses doigts sur ceux d’Asclepios, qui étira sa paume – cela le chatouillait. Malgré l’épaisseur de sa peau, travaillée par l’effort, il sentait les caresses d’Estelle. Que lisait-elle, alors ? Oh, certainement pas grand-chose pour le moment car elle préféra relever son regard, incomparable, vers le visage du Serpentard. Comment allait-il ? Ses sourcils se froncèrent. Il ne savait pas, vraiment… il ne voulait pas savoir. Et surtout, il ne voulait pas répondre à Estelle. Parce qu’il allait devoir le lui dire. Ça, cette grande nouvelle… Ça, qui l’avait bousculé et fait frissonner de rage. Sa main, incontrôlée, se referma sur celle d’Estelle, l’emprisonnant alors que trois mots, affreux pour Asclepios, lui échappèrent. « J’suis fiancé. »

L’apprendre, ainsi, à sa belle amie… dire cela, à la femme qu’on aime ! Et, qui plus est, avec le sourire. Se rappelant le pacte qu’il avait conclu avec Nyx, sa fiancée, le Serpentard avait tenté de prendre un air réjoui – ils devaient tous deux jouer au jeune couple heureux et amoureux. Il devait jouer ce rôle, même devant Estelle. Des spasmes firent tressaillir ses entrailles et une boule se forma dans sa gorge. Il devait faire croire à Estelle qu’il était heureux, avec une autre femme qu’elle. C’était l’éloigner d’elle. C’était bénéfique vu sa situation… mais extrêmement douloureux. A se demander si, en fait, cela était réellement bénéfique, tiens ! Troublé, le Serpentard chercha à cacher son visage : il posa son coude sur un coin libre de la table et mit, dans sa large main restée libre, son front. Ainsi, celle lui faisant face ne pouvait pas voir autre chose que ses cheveux, légèrement bouclés, et ses doigts crispés sur le haut de son crâne.

« J’l’ai rencontrée y a quelques jours. Nyx. L’aînée des Travers. Serpentarde. On… on s’entend plutôt bien. Ouais, l’est sympa. » Bordel, ce n’était pas en disant que Nyx était sympathique qu’Estelle allait croire qu’il était sensible à son charme ! Asclepios pouvait mieux faire, et le fit. Rassemblant son courage, il finit par remonter son visage, pour venir planter ses yeux sombres dans ceux, vairons, de la demoiselle. « Sympa, ouais. … Eh, j’lui rends pas justice là. » Une pause, un sourire timide, un rire léger. Son regard alla vers le plafond et y resta un moment, avant de redescendre fixer la table. « Elle est réservée, puis douce. Tranquille. J’aime ça, t’sais. C’est reposant, ça m’change de chez moi. Elle est Intelligente, aussi. Le genre de nana qui aime lire. Puis elle a un beau visage, avec des pommettes bien marquées, des joues un peu creuses. Des lèvres toutes belles, comme il faut. Pleines. Mon type. Yeh, j’ai pas à m’plaindre. » Une description de ce qu’il avait pu voir de Nyx, qui toutefois correspondait aussi, parfaitement, à Estelle. En cherchant ses mots, en voulant jouer l’homme qui tombe amoureux, le jeune sorcier n’avait trouvé qu’un moyen : parler de ce qu’il aimait. Parler d’Estelle.

Estelle, dont il serait toujours les doigts. « Woups » lâcha-t-il, en rouvrant sa main, qui elle disait le contraire de ce que voulait faire penser Asclepios : sa ligne de cœur, brisée en de nombreux endroits, faisait plus dire que sa vie amoureuse allait être emplie de déceptions et traumatismes. Ce qui, en vrai, était le cas. Si la Serdaigle demandait au Serpentard de se lever, maintenant, celui-ci ne saurait faire trois pas tant ses jambes, en ce moment, tremblaient. Il s’était lui-même porté un violent coup au cœur, et continuait pourtant, de sourire. « Désolé, le stress. T’es la première personne à qui j’le dit ! » Oh, trop chouette. Estelle était la dernière personne à qui Asclepios aurait voulu le dire. Qu’est-ce que le jeune sorcier avait envie de se rouler par terre, d’y taper de ses poings… de crier et peut-être, de pleurer.

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